vendredi, juin 12, 2009

Du raisin


C'était le jour des élections libanaises. Deux listes, deux idéologies, quelques indépendants perdants, l'avenir d'un pays qui se joue un peu pour les quatre ans à venir.
La journée était tendue mais calme.
la tempête ne surviendra que plus tard.... Peut-être, on doit voir.
C'était un dimanche. j'ai fait paris Beyrouth paris en moins de 24H pour "déposer" ma voix dans les urnes.
Dans le village où je vote, les retrouvailles étaient joyeuses. Tout le village était là. Des gens que j'ai connue petite, d'autres qui ont grandi pendant que j'étais ailleurs.
Mon ami d'enfance a sauté au dessus du petit mur de l'église pour me serrer dans ses bras et me redonner l'odeur des étés passés sous l'arbre de l'église à partager rêves et fin de journées.
Mon père, avocat de profession, sage de qualité, est passé voir ses vignes. "On n'aura pas beaucoup de raisins cette années" a-t-il dit en palpant quelques grappes encore vertes.
j'ai eu envie qu'on ait des raisins, j'ai eu envie de serrer papa dans mes bras. de serrer mon pays dans mon cœur. Liban, pays de tous les impossibles, pays de rage et de colère et d'oubli. Pays d'hospitalité, de joie et de multiplicité. pays de Voix....

vendredi, mai 29, 2009

Au milieu du jour

Que cache-tu rêveuse jeune fille? Des vitres au bord des yeux, les boucles volantes, un aller-retour de grâce vers Paris, une gare et l'impatience d'une danse virevoltante de tes sentiments?
parle un peu... Dis quelque chose... le noir ne voile pas les yeux qui brillent.

Au creux de la nuit


A quoi penses-tu insomniaque jeune fille, le cœur au bord des lèvres, les boucles tremblantes, un ticket de train à 4,20 euros, un escalier, un parc et la promesse de jours heureux?
Dors un peu... ferme tes yeux.... les mots ne s'enfuiront pas et s'ils le font malgré tes doigts prison et ton esprit clavier, alors ne crains rien, d'autres les remplaceront dans ta luxuriante imagination.

Le gardien de la lumière


Il existe un homme qui tient une morte lumière au creux de ses mains et la réanime par un souffle.
Dans sa poitrine grouillent les âmes de tous ceux qu'il a aimés et ceux qu'il a propulsé loin, pour qu'ils entrent dans la lumière.
Son ombre enveloppe la ville et ses mots sont sages.
Le gardien de la lumière attend, il attend qu'il redevienne le gardien de l'image.

dimanche, mai 17, 2009

parisien botté


N'est ce pas?

Promenade à Bourges

















Le coté Ouest de la cathédrale de Bourges s'est érigé imposant devant les yeux. "Quoi?" m'a-t-il dit; "Tu veux me photographier moi espèce de vermine humaine? hummm tu n'as pas si vermine que ça!!! tu as peut-être même presque du gout!!! en général les petites vermines humaines ne photographient que la façade principale!!!" je lui ai souri. Comment lui expliquer que moi c'est les revers que j'aime, les envers les détails? Là où personne n eva parce qu'il s'y niche tellement de beauté et d'impressions que ne peuvent apprécier des yeux banals?
je me suis promenée au gré des rues. Dans la ville médiévale où plus rien ne bouge après 20h, un pan de murs offre un morceau de poésie sans suite. Un brocanteur invite le passant à se pencher sur les lectures d'Antan. Mais à bien scruter l'image, où est le 4ème livre?
je suis revenue sur la plage du festival où nous devions mettre em mots et en images une histoire durant 48 heures. Le festival international des scénaristes de Bourges n'aura pas de photos. Il restera dans le coeur.

jeudi, mai 14, 2009

Arc en cuisine


Il y a toujours quelque chose à voir de la fenêtre de notre cuisine 75 rue du Père Corentin. L'arc en ciel s'abat sur la maison du bus et les nuages orageux de la ville de Paris.

Debout et silencieuses






Elles sont belles les statues quand elles émergent du noir du recueillement. Quand les lieux de cultes sont vides et les échos ronds. Elle est belle la pierre, il est beau le marbres, froids, lisses, blessés.

Suricate


Bonjour Joli Suricate d'Afrique! Tu te tiens sur des deux pieds, les bras le long du corps, le regard attendrissant, la tete fouineuse.... Bon courage à toi!

mardi, avril 21, 2009

Un matin

Ce matin je me suis réveillée. J'ai 17 ans et mon coeur a battu la chamade.

samedi, mars 21, 2009

La grève


La grève c'est aussi un terrain plat couvert de sable ou de graviers au bord de la mer ou d'un cours d'eau. A défaut de mer une ville et à défaut de graviers une place, pourquoi pas.... Tout à coté, la foule marchait vers République.

Un café au Ronsard



Quelqu'un avait posé la moutarde dans le pot d'arbre. le serveur du Ronsard n'a pas jugé bon de l'enlever, Alors moutarde, sel et poivre ont pris le soleil en regardant les gens entrer et sortir du Luxembourg.
Pendant ce temps, j'ai clôturé le salon du livre par un café avec Nadim Tarazi, l'homme à la barbe gris/poivre. j'ai gardé mes lunettes de soleil pour frimer et on a parlé et on a rit. C'est fou à quel point certaines personnes rendent certaains moment si précieux, si artistiques.

Projet 261170 et ligne 16



Dans le salon du livre on croise beaucoup de gens. Et parfois on découvre qu'on n'est finalement pas si seuls que ça. Moi par exemple, j'ai rencontré furtivement un quelqu'un qui comme moi, aime les trains et le café et les carnets de voyage et les cendriers et qui gribouille des tas de projets loufoques et qui passe comme ça, sans prétention littéraire affichée, le visage engageant et la parole souriante, normal quoi, comme on n'en trouve plus beaucoup, et par la même occasion qui offre des livres aux jeunes libanaises curieuses qui s'en allaient prendre un peu l'air dans les allées bouquineuses.

Projet 261170. Dimitri Vazemsky, Nuit Myrtide, 2004
Ligne 16. Dimitri Vazemsky, Ode Cacheux, Toshy, Rod, Nuit Myrtide, 2004

Jean













A toi auteur de Jean, te dire que ton livre était posé là, sur l'étagère à me regarder pendant une semaine. Le titre me paraissait familier, rassurant. je n'ai pas percuté. je n'ai pas compris. Le dernier jour, un homme les cheveux broussailleux m'a dit: "Excusez moi madame" (oui je sais, depuis quelques années on m'appelle invariablement madame, comme si les gens ne voient pas que l'age m'a préservée de grandir). Il m'a donc demandé: "Vous avez le livre Jean?" Je me suis dirigée vers le livre avec appréhension et là, une semaine de salon du livre plus tard, j'ai vu ton nom sur la couverture, j'ai fait l'association.... Jean.... Jean que tu imaginais et se dessinait déjà sur les bancs du lycée où toi et moi, éternels artistes incompris de l'école avions habitude de déverser nos rêves et nos angoisses.
Jean a bien changé.... et pourtant j'avais presque envie de le prendre dans mes bras. J'ai lu le livre et je n'ai reconnu Jean.... Jean l'ami coupable de tous ces maux... Et pourtant j'avais envie de le prendre dans mes bras et j'ai eu envie de pleurer.
Tu dessines toujours si bien mon ami. Tu écris toujours avec ton style authentique, sincère et épuré délesté des exigences d'une société de littérature de consommation. L'homme aux cheveux broussailleux avait disparu sans son Jean. Je l'ai gardé. Alors auteur de jean, à bientôt et merci...

Lettres de Salon


















Dans le premier tome elle avait à peine un peu plus que 10 ans. C'était une jeune enfant qui découvrait d'autres mondes irréels soudain accessibles qui comprenait qu'elle en faisait partie, qu'elle y avait un rôle. Dans le deuxième tome, elle est subitement, suite à des évènements que je ne vous révèlerais pas, devenue une jeune adolescente lâchée dans un univers d'aventures fantastiques.... Je n'ai pas lu le livre. Je l'ai bu et chaque chose ou chaque être qui venait me déranger dans ma lecture soulevait en moi un grondement sourd de colère. Qui êtes-vous pour venir m'arracher à ma lecture de "La brume des jours"??? Je suis avec Clara ne voyez-vous donc pas? J'aimerais déjà vous raconter la fin mais Anne me l'a formellement interdit ses sourcils de conteuse déjà froncés, le doigt en l'air. Alors je vous laisserai lire, pour ceux d'entre vous qui connaissent Clara. "La Brume des Jours", suite du "Clairvoyage" n'est pas un livre pour enfants, ni pour adultes, C'est juste un livre/Être.
Et comme je ne peux pas en dire plus je vous raconterais l'histoire d'un jeune homme qui mime sa propre vie dans une "Beyrouth Pantomime" où, dans un contexte de révolution naissante et inattendue même si préparée, il traine ses envies et son ennui. Il les promène d'un personnage à un autre, d'un corps à un autre, les effleurant sans finalement vraiment les toucher, sans etre si touché que ça et pourtant, il est profondément attachant, détaché, pas si indifférent, gauche, freinant une énergie qui le prend à la gorge et qu'il ne sait pas encore comment évacuer. Toufic El Khoury décide s'il imagine ou s'il retranscrit et sa plume est animée. Son personnage marche dans les pages du livre et nous mène avec lui dans un labyrinthe de sentiments.
Des sentiments mixtes qui d'une autre part vous prennet à la gorge en lisant les livres de Zeina Abi Rached, ne sachant s'il faut rire ou se laisser submerger par l'émotion de ses souvenirs qui sortent de leur contexte individuel pour devenir les souvenirs de toute ma génération. Rire, apprécier, pleurer, s'attendrir et refermer le livre en ayant envie d'aller à tout jamais boire un verre avec cette fille incroyable, une amie précieuse.

La brume des jours. Anne Fakhoury, l'Atalante jeunesse 2009
Beyrouth Pantomime. Toufic El Khoury, Orizons, 2008
Le jeu des Hirondelles. Zeina Abi Rached, Cambourakis, 2006
Je me souviens. Zeina Abi Rached, Cambourakis, 2008

Nihil Obsat



C'est l'histoire d'un papier à rouler. Sur fond blanc. Sur l'histoire de Marius le pêcheur.
"Marius préparait le filet puis partait en mer..."
Saviez-vous quand même que le papier Nil était détenteur de 20 diplômes d'honneur & grand prix, et 99 médailles Or, Argent et Bronze?
Alors en l'enfumant la prochaine fois, pensez-y en remerciant Marius!

Le Nil, un mini Livre aux éditions Nuit Myrtide.

mercredi, mars 11, 2009

Enfance...


...Mon enfance réfractée dans l'infini de mes souvenirs.

Columbus























Good Morning Columbus!!!!
Cette mythique phrase qui débute le film Arizona Dream m'est revenue à l'esprit lorsque mes yeux se sont posés sur Columbus le boeuf à tete blanche au Salon de l'Agriculture de porte de Versailles. la bave aux lèvres, lui ne m'a pas vraiment regardée. Il était un peu irrité. Peut-etre voulait-il tout simplement aller brouter quelque part tranquille. Il a quand meme daigné s'immobiliser pour la pose. Puis j'ai enchainé. "brebis de 13 mois" (elle n'avais pas de prénom) qui gloussait en fermant les yeux quand on lui gratte la tete, et qui revient en redemander lorsque notre main s'éloigne. Puis, les petites chèvres devant le berceau on dirait Une crèche, Puis le beauf pas content du tout qui voulait une photo en "flou artistique". Enfin, Pazeo, le cheval basque, à la folle chevelure qui lui tombe sur le visage (comme moi).
Ce n'était pas vraiment la campagne... mais un peu comme si... un peu peut-etre comme ça, pourquoi pas prendre un train, aller à la campagne, rouler sur les chemins, boire de l'eau de source. Peut-etre...

mardi, février 24, 2009

Train de vie

ou vie de train, entrain de, trainant l'amour, balloté nauséeux, s'effilant à la vitesse du voyage, haletant à l'arrivée, endormi au réveil.

La plus grande dame du monde...


...Buvait sa tisane après avoir tressé ses cheveux sous le soleil des après-midis libanais, étalant son amour et son inébranlable foi comme autant de sourires perpétuellement répétés et protecteurs.

Sous la pluie












Sous la Pluie de Beyrouth j'ai fait mes adieux à la plus grande dame du monde. Elle est partie doucement pour traverser cet écran invisible au commun des gens. J'ai passé ma main par la fenêtre à demi ouverte. je voulais sentir les gouttes sur mes doigts et je voulais laisser pénétrer l'air dans la voiture. Mon cousin conduisait la voiture d'une main ferme mais d'une voix tremblante. On a récupéré ma soeur, on a rejoint le reste de la fratrie, le reste de la tribu et on a dignement pleuré celle qui nous a construits. La ville avait un gout de guerre finissante un peu démodé, un peu hors temps et une odeur de printemps à venir. Certains arbres bourgeonnaient déjà. Moi je n'ai rien senti qu'une douleur convaincue face au départ de la dame aux tresses, de la voix qui faisait vibrer les vitres des églises quand elle s'élevait pour chanter des cantiques et tous les fidèles l'écoutaient religieusement. Celle qui a mis au monde non pas une famille mais un nouvel empire à venir. Et puis je suis rentrée, parce que parait-il la vie continue et qu'on ne peut pas interdire aux gentilles grand-mères de mourir. Il parait qu'il faut qu'elles partent et que c'est normal qu'elles nous laissent. Il parait que le temps de chacun sur terre a une fin et que les vieux un jour ou l'autre nous qittuent. Il parait qu'elle a eu de la chance de partir entourée des siens, dans son lit dans sa maison et pourtant, je n'ose pas ouvrir le pot de confiture faite maison par ses soins qu'elle m'avait laissé de coté en été. J'ai peur que son souvenir ne s'évanouisse si j'ouvre le pot et que je mange sa confiture. Beyrouth cette semaine là m'a parue comme la ville des au revoirs.