jeudi, avril 20, 2006

Dona Nobis Pachem 2eme fois

tu me manques.
me manquent les moments chaleureux. les taquineries gentilles. les regards affectueux de loin.
tu me manques. cet autre en toi me manque.
partiras tu toujours comme un navire maudit sur des mers ensorcelees?
n'aimerais tu pas denouer un peu ces chaines invisibles qui torturent ton ame?
mais les questions ne servent a rien.
tu me manques. un peu. quelque part. mais je ne dirais rien. ma voix chante la paix. la paix des silences.chaque semaine. la paix des eglises vides. des moments perdus. elle chante ma voix en un moment de transe. mais elle n'arrive pas a toi. a vous. a nous. a eux.
elle arrive directement quelque part dans des lieux isoles mais charges d'inconnu.
ta main fuyante cache ton visage derriere les pierres de la peur et de recul. toi tu recules, moi je me retire. qui va remplir nos espaces vides?
tu me manques.
mais je ne dirais rien.
affectueusement.
Ho

15 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Je rêve d'étoiles filantes. C'est pathétique, ridicule, infantile et tout ce que les bienpensants veulent. Mais je rêve quand même d'étoiles filantes. Je rêve de fugacité, d'éblouissement, de beauté convulsive. Je rêve d'un visage que j'effleurerais, comme un souffle, comme une brise qui disparaîtrait dans mon corps et dans ma mémoire. Je rêve d'un printemps qui ne dure que le temps d'un baiser.J'écoute la même chanson pour la énième fois et je rêve d'étoiles filantes. Je rêve de formes et non plus de mots.Et mes rêves sont des blessures ivres qui tournoient comme des Derwichs. Je rêve mon lendemain et j'ai peur. Et plus j'ai peur et plus je rêve. Je rêve de paix et de touaregs, je rêve d'une perfection silencieuse et donc morte. Je rêve d'exister sans raison, comme une montagne ou comme un ruisseau. Je rêve d'être ou de redevenir. Je Rêve d'une plage tiède où elle dort, nue. L soleil caresse son ventre et les étoiles s'assoupissent sur ses seins. Je l'écoute respirer. Je la regarde. Je respire son parfum sucré. Une tempête gronde au loin. Et j'oublie.
Au matin on me trouvera mort, dans une ruelle où la pleine lune est insomniaque. Et dans mes yeux dansera à jamais un visage qui avait un nom de nuage.
P.P

2:19 AM  
Blogger hoda said...

je reve de la tranquillite de ces moments suspendus comme des jardins de mots. des jardins d'images. au fait, il faut dire que je reve de suspensions. de balancoires, d'un petit vent qui se souleve sous ma jupe. je reve de ces mains douces qui pourront se poser sur mon ventre mais qui finissent toujours par virevolter sur le ventre des autres.
plus j'ai peur moins je dors. moins je dors plus je reve.
un nom de nuage. oui pourquoi pas. c'est joli les nuages. c malleable et inaccessible et puis ca pleut des larmes grises sur les journees courtes. ce n'est pas toujours blanc un nuage.
en tout cas, tu existes un petit peu quand meme, n'est ce pas, sur mon blog qui est ravi de t'acceuillir P.P...
ne m'en veux pas mais je ne sais toujours pas qui tu es.
sur ce, je vais escalader mes propres nuages et ne jeter de tres haut tellement je m'en veux de ne pas reconnaitre les utilisateurs anonymes qui signent P.P ou qui ne signent pas :-)

7:34 PM  
Anonymous Anonyme said...

"Qui es-tu?" demanda le rêve au rêveur, un matin de genèse. "Je suis" répondit le rêveur. Et toi, tu me demandes "qui es-tu?".

J'ai été.

Il m'inventa une nuit où les visages le terrifiaient, pour échapper à la colère des images. La nuit n'a jamais été aussi inexorable et le matins aussi élastique. Il voulait avoir, dans sa tristesse, la sérénité des montagnes. Je poussais alors doucement, comme une excroissance, sur son flanc. Il me touchait, avec un plaisir horrifié, comme une cicatrice. Il ne me donna pas de visage et ne me prit pas de cotes pour me façonner une compagne. Je ne connus jamais la première personne du pluriel et ne connaîtrais jamais que celle du singulier. Il se rendit compte alors que j'étais l'apatride, celui qu'il a toujours voulu être.

Comme toi, j'ai horreur de conjuger la ville et les hommes au passé. Mais moi j'ai été.

C'étaient des jours au soleil et des pommiers en fleur. C'étaient des royaumes de pluie et de visages d'écume. C'était le temps des aurores boréales et des vieilles maisons en ruines.Mon lit était une barque, à la dérive, sur une mer endormie. J'avais un crayon, des bottes de sept lieux et une patrie.

Maintenant, la nuit je me hante. Les images ricanent. Les prénoms se dilatent dans la mémoire. Et les bruits sont assassins. Et l'intranquilité susurre la promesse du grand départ dans mes oreilles.

L'écriture est la compensation des médiocres, c'est à dire des perdants. Je me répète, même si tu n'es pas d'accord avec moi. Il m'inventa un jour, pour éviter les erreurs révélatrices, les soirs d'inconscience. Il m'inventa et m'adora comme divinité du sommeil et de l'insomnie.Désormais, il s'endort chaque nuit, sur les sentiers de tranhumance où j'aime le promener.

P.P

2:41 AM  
Anonymous lila said...

tres beaux textes...
alors a la demande de Hoda, je me presente : je suis Libanaise, j'ai 38 ans, je vis a Beyrouth, n'ai jamais vecu a Paris, aime naviguer au gre de mon curseur, et voila comment j'ai abouti ici !
je ne vous connais pas encore, alors je propose que nous nous decouvrions au fur et a mesure de nos echanges...

5:16 PM  
Blogger hoda said...

merci lila pour ta presentation. :-)
raconte nous un peu le liban d'aujourd'hui... que se passe t-il de beau a beyrouth? habite tu la on fait face a la mer???

7:10 PM  
Anonymous lila said...

beyrouth, ya hoda, beyrouth stagne...
j'aimerais tellement pouvoir te dire que le miracle a eu lieu, que le matin ressemble a un arc en ciel, que lorsque tu lis les manchettes tu affiches un sourire satisfait... mais il n'en est rien... beyrouth merite mieux que ce qu'elle a, voila ce que je peux dire... mais que je l'aime, ma ville, je l'aime, ma patrie, a en mourir... la en tapant ces quelques mots, ma gorge se sert et ma poitrine me fait mal...

8:07 PM  
Blogger hoda said...

oui...
bon les orages de Beyrouth sont previisbles au moins. ici il a fait beau toute l ajournee et l'orage depui deux jours se deverse sans prevenir.
mais Beyrouth parfois est trop belle, trop violente, trop quelquequechose alors on prend ses valises et on s'en va. parfois on retombe dans un monde tout aussi beau. tout aussi violent. tout aussi trop. et alors on se connecte mais on est invisible. on crie mais il n'y a pas de son. on tend les bras et on enlace le vide.
on est seuls. profondement seuls.

8:57 PM  
Anonymous lila said...

la notion de solitude est tellement cruelle qu'elle te prend ou que tu sois.
" la solitude des foules" de Michel Tournier, tu connais ?
c'est pour te consoler que je t'en parle. que tu enlaces du vide ou que tu serres un corps, l'idee de solitude enveloppe l'existence de son manteau froid, glacial.

9:18 AM  
Blogger hoda said...

et pourtant...
:-)

5:09 PM  
Anonymous Anonyme said...

mahmoud darwich, mahmoud le bradeur des mots a dit une fois :

"bayroutou layla,
imra2aton kalat li jondiyyin kabi7a el wajhi
khouthni ila l roukami wa fiddani
3allani assirou a7la..."

j'étais dans la salle avec un petit recorder, et depuis.... mais bon. c'est une autre histoire.

beyrouth a sombré entre le hiroshima de mahmoud drawich, la baie d'osaka et les plateformes pétrolières de la mer du nord.

lila, hoda. continuez à parler par commentaires entrecoupés. ils me caressent la peau comme une lame de fleuret, caresse fraiche et froide, mais qui au bout de chaque tirade blesse... et on prend plaisir à regarder le sang. parceque c'est frais. parceque la fraicheur du métal reste un moment suspendue entre les nerfs qui s'affolent. parceque les nerfs s'affolent, mais pas moi. mais aussi parceque ce que vous dites est beau, et me ramène un peu de mon beyrouth au visage. un relent marin avec des odeurs de poussière des ruelles, un klaxon et de la chaleur humide...
beyrouth s'est dessechée dans mon appart de paris. mais à chaque caresse de vos fleurets reprend un peu de vie.

ne la ramenez pas en vie. c'était déjà trop dûr de la tuer une première fois. mais je veux bien savoir qu'elle peut sortir de son hibernation, même si je ne le veux pas pour le moment.


(l'anonyme de l'article du whimpy.
appelez moi "li")

6:44 PM  
Blogger hoda said...

merci de preciser anonyme Li:-)
anonyme homme ou femme? j'arrive pas vraiment a decerner mais au final qui s'en fout. (seule ma curiosite s'en fout :-)!)
beyrouth en peut pas se dessecher. il suffit qu'une maman envoie un tupperware de maamoul pour sentir que au fait ca vit toujours. ne sommes nous pas un peuple de battants??

6:57 PM  
Anonymous lila said...

Li, hoda, Beyrouth est une ville fertile, mais sa fertilite se dilue lorsque ses enfants l'ignorent... sa peau est d'une douceur exquise, mais elle se cache sous la croute craquelee par les vents du destin... il suffit de gratter un peu pour que les craquelures s'effritent et alors s'offre au toucher sa texture de velour...

9:21 AM  
Anonymous lila said...

oups: velours

10:20 AM  
Anonymous Anonyme said...

Ma Belle
Beyrouth n'est plus Beyrouth.Beyrouth appartient maintenant aux gens qui n'ont jamais su l'aimer. Beyrouth appartient aux vampires des grandes villes modernes arabes. Beyrouth n'est plus Beyrouth. Beyrouth se laisse aller. Parfois la nuit je sens dans mes ballades solitaires et nocturnes a Hamra que non Beyrouth est la. Beyrouth nous appartient encore mais ca me suffit de regarder les pencartes, de regarder les colonnes allumees et habitees par nos invites surtout arabes pour que je dise non Beyrouth, NOTRE BEYROUTH EST ETERNELLE. NOTRE BEYROUTH EST UNE MERE QUI NOUS A SI BIEN AIMES ET APPRIS A AIMER, QU'ELLE REFUSE D'APPARTENIR a ces nouveaux libanais qui viennent de si loin...

12:47 PM  
Blogger hoda said...

mon cher anonyme que je connais si bien,
paris n'est plus la meme sans ton ame perdue et tes bras protecteurs.
Beyrouth n'est plus la meme comme tu dis, si tu dis, quand tu dis mais j'arrive et la rendra pareille. on lui demandera de se devoilera nous, on lui demandera d'avoir confiance en nous encore une fois.
nous aurons un mois et quelques jours pour la reinventer et en faire une beyrouth qui n'appartient qu'a nous.

1:25 PM  

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